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LE DRH DE LA SEMAINE : GUILLAUME FAURIE, DRH DE PSA RETAIL FRANCE


Eux aussi sont en première ligne : les DRH. Chaque semaine, "stiMA le blog" leur donne la parole.

 

« La digitalisation à marche forcée de nos métiers les rend plus attractifs. » C’est l’un des effets positifs de la crise : l’accélération de la transformation numérique de certains secteurs. Avec à la clé, des emplois plus séduisants, notamment auprès des jeunes. On en parle avec Guillaume Faurie, le DRH de PSA Retail France (137 adresses commerciales sur le territoire, 5000 collaborateurs).

 

Maud Aigrain : C’est un signe : PSA Retail est désormais présent sur la plateforme de recrutement Welcome to the jungle. La preuve que vos métiers se modernisent ?

 

Guillaume Faurie : C’est une évidence : être privé du contact physique avec nos clients a accéléré notre transformation digitale. Pendant le premier confinement, nous avons accéléré le déploiement d’un nouveau métier au sein des concessions : les web-sellers. Concrètement, on a demandé aux responsables RH régionaux d’identifier, parmi nos vendeurs, ceux qui avaient le plus de compétences et d’appétence pour le digital. Sur la base du volontariat, nous les avons formés. À distance, le web-seller gère le contact avec le client, il l’aide à qualifier ses besoins. La vente en tant que telle doit encore être finalisée en concession. Donc vraiment, plus qu’un vendeur, le web-seller est un conseiller. Comme les « product genius » chez Apple ! C’est une évolution du métier qui le rend plus attractif, notamment auprès des jeunes. La digitalisation permet de moderniser des métiers qui ne bénéficient pas toujours d’une bonne image. Dans le même temps, cela permet de valoriser ceux qui les exercent depuis des années et que l’on forme à ces nouveaux usages. C’est la vocation de la PSA Retail Academy : elle identifie les besoins futurs et elle élabore les parcours de formation. Nous avons joué le rôle de défricheur pour notre branche professionnelle.

 

Des nouveaux métiers… des nouveaux rythmes de travail aussi…

 

L’enjeu, lors du premier déconfinement, c’était d’être absolument au RDV de la reprise. L’activité était là ! Il y avait une demande très forte du côté des réparations puisque, pendant le premier confinement, les ateliers ont été fermés sauf pour les véhicules des personnels dits « en première ligne », les personnels de santé, les véhicules de police, etc. Lorsque les ateliers ont rouvert, les clients se sont bousculés. Pour pouvoir répondre présent, on a signé, dès le mois de juin, un accord de performance, qui nous a permis d’augmenter nos horaires de travail et notre niveau d’activité. Désormais, les ateliers sont ouverts le samedi, comme les showrooms de vente. Cela nous a permis de doper le trafic et de maintenir les emplois. Encore une fois, ce sont des lignes que la crise a fait bouger à toute allure.

 

Le deuxième confinement a de nouveau entraîné la fermeture des concessions. Mais surtout, la crise économique risque de peser durablement sur les ventes de véhicules neufs. Comment préserver, dans ce contexte, le moral des collaborateurs ?

 

Côté ateliers, l’activité après-vente a certes ralenti mais elle est restée, sur certains de nos sites, très soutenue. On aura toujours besoin de faire réparer sa voiture. Côté vente, ce qui est très spectaculaire, c’est le basculement vers les ventes de véhicules d’occasion. En juin dernier, par exemple, elles ont augmenté de 53 % par rapport à juin 2019. Outre l’argument prix, il y a un double effet Covid : après avoir été confinés, les Français ont soif de mobilité, et pour y répondre, ils se tournent vers les véhicules individuels, plus rassurants en ces temps de pandémie.

 

PSA Retail France, ce sont 5000 collaborateurs, répartis sur 137 concessions et ateliers en France. Comment fait-on pour nourrir le sentiment d’appartenance, plus essentiel que jamais en période de confinement ?

 

Il faut regarder différentes échelles. Localement, chaque point de vente compte une cinquantaine de personnes. Ce sont des sites à taille humaine, à l’ambiance familiale. La solidarité a été très forte pendant toute cette période. Et l’engagement des collaborateurs, total. Le challenge, avec une telle disparité géographique, c’est de développer le sentiment d’appartenance à l’échelle du groupe. Déjà à l’échelle de PSA Retail, puisqu’auparavant, les concessions étaient soit Peugeot, soit Citröen. Aujourd’hui, on y trouve les deux marques, ainsi que DS et Opel. L’identité PSA Retail est donc en construction. Ensuite, à l’échelle du Groupe PSA, auquel appartient ce réseau. Nous communiquons beaucoup sur les opportunités de carrière. Rentrer chez PSA Retail, c’est rentrer chez PSA. Vous pouvez travailler en concession, passer du côté des usines, du côté des marques… ce sont clairement des arguments qui portent. Et qui nourrissent ce sentiment d’appartenance.

 

Question rituelle : comment avez-vous vécu votre fonction de DRH depuis le printemps dernier ?

 

J’ai pris mes fonctions au milieu du mois d’avril, au cœur du premier confinement. Autant dire : sportif ! Mais aussi formidablement enrichissant ! Les priorités se sont imposées d’elles-mêmes : il a fallu évidemment gérer l’équipement des collaborateurs pour que les fonctions support puissent être exercées à distance, mais surtout maintenir un lien permanent avec nos 137 points de vente. Dans de telles situations, l’information et la communication sont essentielles. C’est la clé de tout. Habituellement, nous avons une réunion formelle, avec l’ensemble des responsables RH en région, une fois par mois. Là, nous en faisions une tous les deux jours, notamment pour les tenir informés des différentes directives sanitaires et évolutions légales. Nous avions également des points très réguliers entre DRH du Groupe PSA, afin de nous synchroniser. La veille des juristes du Groupe a évidemment été une aide précieuse. Cela m’a fait gagner beaucoup de temps sur tous les aspects juridiques, ce qui m’a permis de me concentrer sur les aspects humains et sur l’information des partenaires sociaux. Cette crise a démontré la nécessité d’avoir un dialogue social constructif. C’est absolument essentiel.

 

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Maud AIGRAIN

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